LES BARBETS (résistants niçois)

29 septembre 2010

Les Barbets: la vérité sur les Résistants Niçois !

Lu_Barbets « Je dédie aux Niçois

ayant horreur de la servilité partisane 

qui prostitue la narration des faits,      

aux passions des puissants                   

et aux ires des factions,                           

ce livre destiné à restituer intacte,         

à la vérité de l'histoire,                            

les malheureux évènements                     

vécus par nos pères. »                                                                                             

Joseph André

« En mars 1793, il y eut à Moulinet de courageuses batailles et des luttes acharnées; et de nouveau, Sospel, fut dans la même situation ; les Commissaires de la convention, qui étaient alors Grégoire et Jagot, adressèrent une lettre au comité de guerre, dans laquelle ils affirmaient que lors du second assaut des Piémontais, se formèrent des soi-disant milices, qui s'unirent aux Piémontais; qu'elles firent feu sur les soldats républicains, et qu'une bonne partie de ceux-ci furent fait prisonniers par ces milices. A Moulinet les français restèrent quelque temps; la même lettre, indique que les français avaient traité les habitants comme des frères, et que malgré cela ils se battirent contre eux; même les femmes entassèrent des pierres et des tuiles, et prirent une part très vive à la lutte. Les soldats furieux les chargèrent à la baïonnette. La lettre précise, qu'il fallu toute l'autorité du général Brunet pour mettre un frein à leur conflits entre les deux quartiers généraux, car les français ne voulaient pas reconnaître aux milices la qualité de belligérantes, et les considérant comme un  « ramassis de barbets ».                                                                                            Extrait de NICE 1792-1814    

 

C'est peut-être du au manque de documents ou d'archives, mais les quelques rares études effectuées à propos des Résistants Niçois, dans la période se situant entre 1792 et 1814, ont toujours mis les protagonistes en dehors du contexte de l'époque qui est l'invasion brutale du Pays de Nice par la France révolutionnaire.

Souvent qualifiés de brigands comme le feront lors de la seconde guerre mondiale les Allemands avec les Résistants Français, ces rebelles à « l'ordre nouveau » décrété en 1789 et imposé par une force étrangère n'avaient rien de bandits ou de criminels. Ces hommes issus de la société civile défendaient leurs foyers contre les armées révolutionnaires françaises (puis impériales) qui venaient les asservir.

Il existait pourtant un ouvrage publié en 1894 qui relatait avec précision le contexte dans lequel évoluaient les Niçois et a été écrit par le rédacteur en chef du journal Il Dirrito di Nizza: Joseph André.

L'auteur s'appuyant sur une multitude de documents originaux et de témoignages d'époque, nous restitue une part importante de l'histoire de Nice, très peu connue et on peut effectivement trouver très étrange qu'il ait fallu attendre l'année 2009 pour le voir refaire surface, être traduit de l'Italien et réédité grâce au président de la LRLN et du PARTI NICOIS: Alain Roullier-Laurens.                           

NiceRevolution1792

Cette ouvrage révèle d'abord avec quelle violence le pays de Nice fut agressé, pillé et martyrisé pendant vingt-deux longues années le tout aux antipodes de l'image d'épinal relayée par les livres d'histoires  « officiels ». On y découvre aussi que la Résistance des Niçois, malgré la terrible oppression qu'ils subissaient fut loin d'être anecdotique ; « Il suffit de dire qu'au sein des milices, il y avait ceux qui, plusieurs fois, restèrent dix-huit heures sans manger, alors que d'autres soldats, durant ce temps, n'avaient rien pris d'autre comme nourriture qu'une demi-ration ; et que se trouvant sans nourriture et sans vin, ils devaient faire sans cesse des marches forcées, et dormir presque nus dans la région montagneuse niçoise, la plus haute et la plus froide. Une lettre du ministre de la guerre à Saint-André affirme que dans les diverses escarmouches, il y eut bien mille deux cents blessés du côté français, et ces mêmes Français, intrépides, éprouvaient une espèce d'effarement en combattant avec les milices, qui inspiraient la terreur aux soldats les plus aguerris.»

Dans Nice 1792-1814 nous découvrons avec quelle abnégation les Résistants Niçois combattaient. Une lettre observe à propos de certaines milices, « quand il s'agit d'aller contre des ennemis, les milices précèdent les troupes, et quand il s'agit d'avoir une partie du butin, ce sont elles qui sont contraintes de rester derrière »  et que les exactions faites contre les Niçois par la soldatesque révolutionnaire étaient monnaie courante et telles, qu'elles provoquèrent une enquête sollicitée par la Convention Nationale à Paris, c'est dire ! Nous sommes bien loin de la version toujours soutenue par la France actuelle, qui raconte le Peuple Niçois accueillant à bras ouvert les révolutionnaires français venus les libérer du « despote de Turin ».

En deux ans, douze conscrits seulement s'étaient présentés sur une liste de 504 inscrits... Le maire de Nice publia un avis dans lequel on lisait ces incroyables menaces: « N'espérez pas trouver quelque salut dans la fuite; celle-ci serait funeste pour vous et vos parents. Vous serez coupables de désertion, contraints de mener une vie pleine de misère, exposés à tous les dangers et vous serez la cause du malheur de vos familles ». Mais les exhortations furent vaines, puisque l'un des signes caractéristiques de ces temps fut la répugnance invincible de la jeunesse niçoise à se faire inscrire dans les rangs des soldats de la République, et plus tard de l'Empire; et ce, à tel point que les jeunes niçois préférèrent plutôt la vie dangereuse des miliciens sardes et plus tard une vie errante et pénible, à l'appel du premier magistrat de France. Douze conscrits en deux ans s'étaient présentés sur plus de 500 inscrits! Ce n'était pas un fait isolé, car l'histoire de vingt ans d'occupation est témoin de cette invincible résistance de la jeunesse niçoise.

Voici la circulaire publiée par le préfet Dubouchage, le 5 furctudor an XI de la république française, à l'attention des maires du Département: « j'ai été surpris, Citoyens Maires, de voir si peu de Réquisitionnaires et Conscrits des ans 7 et 8 s'enrôler pour les Compagnies de Cannoniers-gardes-côtes, et j'ai cru à propos de leur faire un dernier appel. Vous aurez soin de donner la plus grande publicité à la proclamation ci-jointe: faites-leur bien sentir que les rebelles courent à leur perte, et envoyez moi l'état de ceux qui se feront inscrire à mesure qu'ils se présenteront ».     Cette circulaire datant de l'an XI pourrait à elle seule démontrer le refus du Peuple Niçois de se soumettre pendant toute la longue période de l'occupation française, en opposition totale avec la version mensongère de l'histoire officielle enseignée en France toujours aujourd'hui.

Nous connaissons tous l'histoire de Tchoà Fulconis dit Lalin qui fut supplicié par les français et cloué sur la porte de sa mère à l'Escarène. La dépouille de ce grand chef de guerre fut ensuite traînée dans les rues de Nice puis exposée afin de terroriser la population, ce qui ne fit qu'accentuer la colère du Peuple Niçois. Une fable inventée par des pseudo-historiens embarrassés par le rejet massif des Niçois du régime révolutionnaire instauré par l'envahisseur français, raconte que le plus célèbre des Barbets se serait engagé dans la résistance pas forcement par conviction mais pour assouvir une vengeance, sous prétexte que son épouse aurait été violée par des soldats français. Lors de l'occupation du Pays de Nice, le viol des femmes par les bleus était monnaie courante, les assassinats et les tortures aussi, ce sont ces crimes qui ont essentiellement provoqué la révolte armée de la population. Lalin et ses nombreux compagnons ne se sont pas révoltés parce que l'on avait violé leurs femmes, mais parce que les Français martyrisaient le Pays de Nice.

Pour se faire une idée du nombre de Niçois qui résistèrent à l'occupant français et furent pour cela exécutés, il suffit de lire les noms des martyrs Niçois assassinés par la force occupante. Cette funèbre énumération est très incomplète car elle ne fait pas mention des Barbets tués en montagne ou exécutés dans les villages, mais uniquement à Nice et en seulement deux ans, alors que l'occupation française dura vingt-deux longues années. Nous nous contenterons donc de nommer ceux qui furent exécutés à Nice, en l'an 8 et 9 de la République comme ils sont consignés dans les courriers du général Garnier, l'un des bourreaux du Pays de Nice:

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11 octobre 2010

NICE 1792-1814 CHAPITRE XXII

        

BARBETS NISSA

Les Barbets 

 

I. Barbets et milices ; une étrange confusion. II. Origines du barbétisme ; la raison du barbétisme à Nice ; témoignages. III. Terrible puissance des Barbets ; décrets draconiens. IV. La légende du barbétisme ; certaines anecdotes ; fusillades ; les colonnes mobiles. V. Les communes et les barbétisme ; la chasse aux Barbets ; barbétisme et réaction.

 

I

 

Le barbétisme constitua la partie légendaire de l'histoire sanglante de l'époque révolutionnaire, et en parlant des Barbets dont la tradition perdure très vivement dans le comté de Nice, il en est qui les confondent avec des assassins, comme le fit le général Garnier qui se vanta de la destruction de ces partisans ; certains les élèvent au rang de héros, et les croient héros et assassins en même temps, bandits et partisans, à qui la colère et la persécution féroce de l'envahisseur mit les armes en main, défenseurs héroïques de leurs village et de leurs maison, implacables vengeurs des offenses souffertes, méprisant la mort, prêts au sacrifice, toujours les premiers à combattre et les dernier à se retirer, tels était les Barbet.

Au début de l'invasion, les généraux français ne voulaient pas faire de distinction entre les Barbets et les Miliciens; ils croyaient que milice et barbétisme étaient une même chose et grâce à cette confusion voulue, un grand nombre de malheureux furent passés inhumainement par les armes, ce qui provoqua d'atroces et cruelles représailles dans tous les villages de la montagne et jusqu'aux portes de Nice. Un milicien pris les armes à la main était tué de manière barbare, et contre cette façon inhumaine de procéder, le comte Thaon de Revel protesta énergiquement, et l’abbé Grégoire, comme plusieurs autres Commissaires de la Convention, écrivirent au Comité de guerre qu'ils regrettaient que « le général Thaon de Revel hurla en faveur des habitants de la montagne, pris en combattant et qu'il  appelait miliciens, et qu’il demande pour eux les mêmes traitements que pour les soldats réguliers et l'égalité en échange de prisonniers ». « Il est nécessaire, écrivaient les Commissaires de la Convention, que soit proposée une loi précise qui détermine la conduite et le statut des soldats et des généraux. Il est absolument nécessaire que les Français prennent leurs précautions, et qu'une loi sévère de la Convention Nationale appelle lesdits Barbets au devoir, et citoyens collègues, nous vous confortons pour que vous puissiez faire le plus vite possible un rapport sur telle matière ».

Mais les Commissaires n’avaient probablement pas conscience qu'ils conseillaient mal la Convention, qui n'avait et ne pouvait avoir elle seule l'autorité de décréter des lois et des règles sur des sujets visant le droit des gens et sur lesquels, pour le moins, la partie adverse voulait être consultée. Du reste, par rapport aux usages internationaux, les arbitres à Paris furent en défaut en voulant tenir pour émigrés les Niçois qui combattaient dans les rangs de l'armée piémontaise et qui, de ce fait, avaient acquis le droit de citoyenneté au Piémont. L'arbitraire le plus féroce fut toujours la règle qui guida Paris dans les questions des émigrés, spécialement Savoyards et Niçois qui étaient assujettis à un régime exceptionnel ; ainsi le manque absolu de tout principe de droit fut une perpétuelle occasion, dans cette affaire du barbétisme, de faits sanglants et de représailles cruelles.

 

II

 

La façon dont naquirent ces Barbets et l'origine de leur nom sont incertaines. Aux XVI° et XVII° siècles, l'histoire recense déjà les Barbets ; ce nom était attribué à certaines sectes religieuses des Cévennes, de Vaud ou du Dauphiné. Ce vocable, selon certains, dérive de barbe, nom avec lequel les Vaudois désignaient leurs ministres du culte qui portaient une longue barbe. On sait que trois vallées de la province de Pinerolo étaient habitées par les Vaudois, et les Barbets ( selon une autre interprétation, le nom de barbe, c'est-à-dire oncle, était donné aux ministres du culte en signe de respect). Ils se rebellèrent en plusieurs lieux quand Madame Royale voulut introduire le culte catholique dans leurs vallées. Mais ils furent respectés par Charles-Emmanuel, qui réaffirma leurs privilèges avec le pacte de ne pas accueillir d'étrangers dans leurs vallées mais de ne pas empêcher la propagande des missionnaires catholiques. Plus tard, de nouveau persécutés, ils se retirèrent dans les Alpes inaccessibles en combattant héroïquement pour leur indépendance, et on donna aux féroces défenseurs des montagnes niçoises le nom de Barbets, signe d'admiration pour les uns, de haine et d'opprobre pour les autres, d'effroi pour tous.

A l’origine, le barbétisme était la protestation armée d'un peuple contre l'envahisseur d'un autre peuple ; c'était le terrible réveil d'une nationalité encore inconsciente, contre une autre nationalité envahissante ; c'était l'amour pour l'ancien gouvernement et la lutte furieuse contre un nouveau gouvernement usurpateur ; c'était l'expression de la colère de populations éparses qui s'insurgeaient au nom du roi et de la famille contre l'invasion dévastatrice d'une bande d'hommes sans frein et sans foi ni loi . Purifiés par le baptême du sang versé au cours de tant de batailles et exaltés par l'orgueil de tant de légitimes victoires, ils finirent comme des héros là où ils avaient commencé comme des brigands. Le barbétisme est né de deux raisons bien distinctes : de la haine des nouvelles idées et des maltraitances et des turpitudes des hommes de la révolution. Un historien presque contemporain observe que « les Barbets lavaient dans le sang ennemi les outrages, les persécutions, les violences en tout genre dont leurs familles étaient victimes; mais les Français devaient s'accuser eux-mêmes d'avoir provoqué cette vengeance ».

Un fougueux jacobin qui parlait des conditions de vie dans le comté avouait que ceux qui avaient vécu sur la misère du pays « ne devaient pas être étonnés si les petits propriétaires de ce malheureux département niçois, et spécialement ceux des montagnes, abandonnaient leurs terres qui, au lieu de les nourrir, étaient la raison de leurs impôts écrasants et s'adonnaient à un horrible brigandage ».Il est aisé de prouver, par les rapports que les Commissaires de la Convention adressaient fréquemment à Paris, que les persécutions étaient la cause principale du barbétisme. Un de ces rapports dit que : « les habitants des villages de la montagne sont tellement exacerbés qu'ils ont juré d'exterminer tous les soldats. Il n'y a pas un jour où quelques militaires ne sont pas tués jusque dans leur poste en ville : ces Barbets sont encore plus à craindre que les soldats ennemis ».

 

Le 7 janvier 1793, c'est-à-dire peu de mois après l'entrée dans Nice du général Danselme, à la Société populaire, un Frère d'armes invita les militaires « à ne pas maltraiter les montagnards, parce qu'ils en seraient furieux, et comme ils étaient armés, ils opposeraient mille obstacles au passage de l'armée française ». La terreur du barbétisme était telle que l'on ne voulait pas de prisonniers. Plus tard, dans la même Société populaire, un membre fit observer qu'il était très dangereux de garder en prison un nombre trop grand de Barbets, dont certains réussirent à fuir, et d'autres à communiquer avec leurs parents ; qu'il était donc urgent de déférer à la justice militaire ceux qui étaient accusés d'assassinat et d'interner les autres. Après une longue et vive discussion, la Société décida d'envoyer une Commission à la tête de l'état major, « afin que tous les Barbets prisonniers et qui ne combattaient pas selon l'art de la guerre fussent jugés militairement et fusillés immédiatement, et que les prisonniers de guerre fussent transférés à l'intérieur ». Mais on ne dit pas quelles furent les règles de la guerre, à cette époque où les soldats donnaient l'exemple de vols, de pillages et d’assassinats.

Le 30 mai 1793, un journal de Paris recevait une lettre d’un soldat de Nice dans laquelle on lisait : que « les Barbets les attendaient derrière un talus ou un buisson et leur tiraient dessus à coups de fusils et qu’ils ne déterminaient pas exactement d’où partaient les coups de feu. Ces maudits citoyens faisaient plus de dégâts que les soldats de ligne ;  ils connaissant le pays, et fuyaient d'une falaise à l'autre avec merveilleuse agilité et faisaient  sans cesse feu, sans se laisser jamais approcher ». Thaon de Revel écrivait que les rapports de ses espions indiquaient une grande irritation chez les Français qui commettaient toutes sortes d'horreurs contre la religion, l'honneur, la vie et les biens des habitants. Sospel, Levens et Fontan furent horriblement livrées au pillage. Les malheureux habitants, poussés à la dernière extrémité, s'armèrent et s’emparant des postes de garde par surprise, tuèrent les soldats. À Levens, les Français perdirent un détachement entier qui y avait dressé son campement. Dumerbion y fut envoyé par Danselme pour réprimer l'insurrection qui fut noyée dans le sang.

Le même Revel écrit que les habitants des villages furent contraints d'abandonner leurs maisons du fait des horribles insultes, des outrages et des dévastations continues. Beaucoup de montagnards réduits à rejoindre les compagnies, obéirent à leurs chefs et combattirent de façon acharnée, et bien que disciplinés, ils étaient considérés comme des Barbets par leurs ennemis. « Les horribles dévastations souffertes, écrit le général Niçois, poussèrent les montagnards à abandonner leurs maisons. Stimulés par la vengeance et en même temps par leur dévotion au roi, ils se formèrent en compagnies de milices. Ces volontaires actifs, infatigables, audacieux jusqu'à la témérité, inquiétaient sans cesse l'ennemi : ils tournaient autour de ses camps et se jetaient à l’improviste sur les postes isolés et sur les dépôts, et emportaient toutes choses. Franchissant les obstacles des Alpes, et parcourant de grandes distances, ils se jetaient par surprise sur les arrières des Français et ramenaient dans leurs camp des prisonniers, encore tout étonnés de leur capture. Tantôt aux aguets au fond des vallées, tantôt dispersés au sommet des montagnes, toujours poursuivis, jamais rattrapés, ces miliciens rendirent d'énormes services durant toute la guerre ». Ainsi, il est instructif d'observer comment des hommes qui pensaient de façon différente, se mirent d'accord sur le point d'assigner au barbétisme et aux milices les mêmes raisons d’être, c'est-à-dire les souffrances inouïes de la population et l'aversion des habitants pour les envahisseurs.

 

III

 

Le barbétisme était partout et nulle part en même temps ; au sommet des montagnes, sur les escarpements les plus inaccessibles, le Barbet implacable attendait son ennemi et le foudroyait. Des compagnies entières sorties de Nice le matin, avant que le soir ne tombe, se faisaient décimer par le plomb des Barbets. Protégés par les habitants, souvent par les autorités, connaissant les lieux, hardis, infatigables, méprisant les dangers, défiant stoïquement la mort, les Barbets, les guerriers des montagnes, continuèrent pendant de longues années une lutte contre laquelle les Français ne ménagent pas les persécutions ni les poursuites les plus acharnées. Il n'y avait pas un village qui n'avait pas ses Barbets ; il n'y avait pas un Barbet qui n'appartenait pas à un groupe sous l’autorité d'un chef. Il ne faut donc pas s'étonner si les décrets contre les Barbets se multiplièrent ; ils étaient sans cesse arrêtés et continuellement fusillés, mais la plupart du temps, l'accusation de barbétisme était prétexte à des profits et des épanchements de colères partisanes ; et ce serait une vaine entreprise que de recenser toutes les victimes sacrifiées au Dieu de la vengeance et de l'intérêt. Lisons à ce propos les mots d'un chroniqueur de l'époque, terribles dans leur simplicité et dans l'expression de leur naïveté :

« On compte quotidiennement des arrestations de miliciens accusées de barbétisme; on les chasse  comme des brigands de foires responsables des dégâts causés à ceux qui possèdent quelque chose ! Ce sont eux les plus  anxieusement recherchés... tout le département est en mouvement contre les Barbets qui sont à la  recherche de patriotes qui ont peur et sont sous les ordres du général Garnier », Ainsi, sans tenir compte des meurtres perpétrés sur les montagnes, le tribunal militaire, en un seul mois, condamna à mort vingt-quatre personnes du comté accusées de barbétisme. Les mémoires de l'époque nous disent que le peuple voyait avec une très grande indignation cette effusion de sang. Le Barbet était aux portes de Nice et sur les sommets les plus élevés des montagnes niçoises. Les cultivateurs de Saint Pons avaient plusieurs fois recouru à la mairie à cause des dégâts soufferts de la part des militaires, et ils demandaient à être armés. La ville étant en état de siège, on en fit la requête au commandant de la place, qui répondit qu’il concéderait des armes aux paysans à condition qu’ils dénoncent les ennemis de la République et les Barbets qui se trouvaient dans leurs rangs. Les pauvres paysans répondirent que s'ils faisaient cela, les Barbets apprendraient aussitôt la nouvelle de leur dénonciation, comme cela s’était produit ans le passé. « Les Barbets savent tout, disaient ces pauvres paysans, ils savent qui dit quoi à qui », et ils citèrent le cas d'un malheureux qui fut assassiné par ceux justement qu'il avait dénoncés.

 

Les Barbets savaient tout, ils avaient partout des protections, partout des espions. A Nice, ils avaient des relations et leurs entreprises étaient le sujet de commentaires et de discussions. Lors des retrouvailles publiques, les Barbets étaient publiquement loués, mais gare au malheureux qui avait parlé devant quelque révolutionnaire ; dénoncé aux autorités militaires, il courrait le risque de subir toutes les rigueurs de la loi, comme cela arriva à un certain Reynaud, ministre du culte en l'église de Saint Jean Baptiste. Un soir de l'an IV de la République, dans une auberge de la ville, plusieurs citoyens de la Roquette Saint Martin s'étaient réunis avec d'autres citoyens de Bonson et de Levens, envoyés à Nice pour trouver les armes et s'opposer aux fréquentes incursions des Barbets. Alors qu'ils étaient en train de discuter, Reynaud entra ; cet ancien moine augustin défroqué s'était glissé dans leur groupe et avait hardiment affirmé que les Barbets n'étaient pas de mauvais hommes comme le disaient certains, mais des malheureux qui ne pouvaient pas retourner auprès de leurs familles, qui s'étaient donné au barbétisme et qui faisaient le bien, et il ajouta que s'il s'était trouvé dans leur cas, il aurait fait pire. Reynaud répliqua à quelques observations faites à ses propos, que si on ne laissaient pas rentrer les émigrés, le pays aurait à souffrir des Barbets, et il affirmait, sûr de lui, qu’aucun de ces gens ne lui ferait du mal. Il raconta à ce propos, qu'au pas du Paillon, il était tombé sur trois Barbets qui lui avaient demandé où il allait, ce à quoi avait répondu qu'il allait confesser un infirme, et ils ne lui firent aucun mal. Ce fait fut dénoncé au Conseil municipal, qui traita du sujet dans une réunion spéciale ; il fit une enquête et rédigea un rapport qu'il communiqua au tribunal afin qu'il pût avancer l'enquête s'il le croyait nécessaire.

Les décrets sanguinaires contre les Barbets se multipliaient ; les mairies des montagnes étaient contraintes d'ordonner des chasses contre les Barbets qui demeuraient la plupart du temps infructueuses, ce qui valait à ces mairies des réprimandes de la part des autorités militaires et des accusations de complicité et de connivence avec les Barbets. Ainsi, le général Garnier, depuis Roquebillère, dénonça comme suspect le maire de Moulinet, accusé d'avoir donné l'asile à un Barbet qu’une sentence de la Commission militaire avait condamné à mort. Les accusations portées contre la mairie de Valdeblore étaient terribles ; reproduisons les grandes lignes de ce document menaçant afin de souligner l'atrocité du terrorisme et de donner un témoignage sur les sentiments des montagnards niçois :

« A la Mairie de Valdeblore,

« On nous annonce que plusieurs de vos concitoyens ont abandonné la commune et se sont  répandus dans les communes voisines qu’ils ont dévasté et pillé ; ce sont sans doute ceux qui sont protégés  par le tyran piémontais, et incités par ce dernier à susciter des troubles et des divisions dans ces  pays »

Les accusations et les menaces faites dans la suite du rapport aux conseillers municipaux de Valdeblore, sont à lire :

« Ne seriez-vous pas les complices de ces méfaits et ne devriez-vous pas empêcher certaines  réunions qui se forment sous vos yeux, ne devriez-vous pas informer les administrations  supérieures de ce qu'il se passe ? Tremblez ! L’'épée de la loi est sur le point de vous couper la tête

;  elle vengera la République de votre trahison. Si vous voulez réparer les torts passés, armez-vous,  faites la chasse à ces scélérats... Si vous les connaissez, arrêtez aussitôt leurs parents qui leur  donnent sûrement asile, et ils doivent être considérés et traités comme des suspects et  vrais ennemis de la République ».

De cette façon, on adressait des menaces de mort aux conseillers parce qu'une partie de la population, résistait par les armes au nouveau régime, et les parents menacés de prison étaient rendus responsables des fautes de leurs enfants. L'état des choses dans les montagnes était devenu insupportable, les Barbets avaient plus que jamais de nombreux partisans et étaient informés de chaque nouvelle, de chaque mot prononcé et malheur au dénonciateur ! D'autre part, les autorités françaises punissaient le pauvre montagnard jugé complice et qui ne voulait d'aucune manière dénoncer son ami ou son parent. Ainsi, de nouveaux et nombreux décrets rendaient les parents responsables de leurs enfants et partout grandissait le terreur et le soupçon. En l'an IV de la République, l'administration centrale des Alpes Maritimes, par un avis public, promit des récompenses à ceux qui arrêteraient et conduiraient devant les tribunaux, les chefs Barbets les plus connus et dont le nom était écrit à la chaux sur ce même avis. Dans cette liste, tout l'ancien comté était représenté en commençant par les villages les plus proches de Nice, comme la Trinité Victor, Drap et Falicon, jusqu'aux villages de montagne les plus lointains. L'étude de cet avis est assez instructif car il nous donne comme une idée du barbétisme niçois et des moyens de répression utilisés par le gouvernement. Selon cet avis, dans toute l'étendue du comté, des bandes de Barbets commettaient toute sorte d'horreurs, de pillages, de vols, et d'homicides. Les mairies étaient responsables des délits commis sur leur territoire, parce qu'elles n'avaient pas pris toutes les mesures nécessaires et qu’elles avaient négligé les prescriptions de la loi du 10 vendémiaire de la même année  « malgré les prévenantes invitations et les réquisitions répétées de l'administration centrale ». L'avis ordonnait que les administrations municipales fassent exécuter toutes les dispositions de la loi; et transmettent sans retard à l'administration centrale les déclarations des individus non domiciliés depuis un an dans la commune ou dans le canton, avec des notes sur leurs moyens d'existence ; qu'elles empêchent, sauf garanties, tout rassemblement de personnes ; et finalement, on promit des récompenses aux citoyens pour l'arrestation des Barbets dont le nom était cité sur l'avis. Mais toutes ces mesures furent vaines, renforcèrent le barbétisme, le mécontentement et les persécutions.

Après de la paix de 1796, entre la France et Victor-Amédée, quand re toi de Sardaigne dut licencier les milices, l'on donna la possibilité aux miliciens niçois de rentrer chez eux s'ils consignaient leurs armes et donnaient une caution. Les districts envoyèrent des formulaires aux Communes pour dresser les listes avec des signes aptes à signaler les miliciens : ceux qui n'étaient pas inscrits sur les listes étaient considérés comme émigrés ; d'autres, surpris les armes à la main, étaient sommairement condamnés à mort, et sous l'excuse de barbétisme, on commença une persécution atroce contre les miliciens qui, avaient été contraintes par le nouveau traité de paix, d’abandonner le service du toi de Sardaigne. Ainsi, par réaction, le barbétisme refleurit plus féroce, plus implacable et plus fier. D'un côté, il y avait des fusillades continues, de l'autre, des vengeances et de terribles représailles. L'histoire et la légende relatent des faits de barbarie inouïs et d'héroïsme sauvage. Il était impossible aux soldats de s'éloigner des villages et de s'isoler sans courir le risque d'être assassinés de façon barbare.

 

saut des francais Duranus

Aux environs de Duranus, un endroit sinistre, connu sous le nom de Saut des Français demeurait dangereux, car dans ses escarpements, les Barbets, postés nuit et jour, assaillaient furieusement les soldats à peine aperçus et les précipitaient dans la rivière située dessous depuis le sommet de la corniche qui se trouvait à une hauteur vertigineuse. Chaque village comptait son chef Barbet, un homme audacieux, fort d'esprit, actif, souvent aidé par les gens du pays qui l’informaient tous des chasse féroces organisées par les Français. Il y avait à Pigne un certain Ghio, dit Battiston, homme célèbre, très dévoué au roi, qui, ayant pris le maquis, fit de nombreuses victimes, et un jour, descendu à l'improviste au pays, en face de la mairie, sur la petite place où se trouvait la fontaine, il assaillit un gendarme français et l'obligea à crier vive le Roi de Sardaigne. Trahi plus tard par l'un des siens, on lui coupa la tête et on l'exposa ensuite devant tout le peuple pour servir d'exemple. À l'Escarène, on établit contre les Barbets un tribunal militaire qui fut un vrai tribunal du sang ; tous les expédients étaient licites, spécialement ceux illicites, pour découvrir un Barbet, mais le barbétisme, comme cela se produisit la plupart du temps, semblait renaître de ces persécutions. Le plus célèbre de tous, le comte de Drap, trompé par les promesses des Français, se présenta hardiment à Nice au général Garnier, mais, les engagements de ce dernier ne furent pas tenus et il fut mis en prison et périt misérablement à Toulon. Beaucoup d'innocents furent, à cette époque, condamnés à mort, d'autres à la prison, et parmi eux, le prêtres Blanchi de Peille, qui fut exposé plusieurs heures devant le peuple, qui lui témoigna sa compassion ; il fut plus tard innocenté et remis en liberté.

Dans les montagnes, de part et d'autre, on vivait dans un soupçon continu : les maires étaient menacés par l'administration centrale s'ils ne poursuivaient pas les brigands, et les brigands menaçaient à leur tour et tuaient les dénonciateurs. Malheurs au petit nombre de Jacobins qui, dans les villages de montagnes, cherchaient à faire de la propagande des nouvelles idées et à inciter les populations contre les Barbets ! Les familles étaient sans cesse prises de terreur et souvent, à la tombée de la nuit, enfermées chez elles, elles étaient soudainement réveillées en sursaut par des bruits et des menaces extérieures, ne sachant si elles allaient ouvrir leur porte à quelques Barbets qui demandaient un abri ou à quelques patrouilles qui recherchaient les Barbets. Souvent, le fils ou le père fugitifs demeuraient éveillés et, à la tombée de la nuit, en cachette, il venaient saluer la famille dans l'effroi,  et le cas ne fut pas rare où le Barbet eut à peine le temps de fuir à l’arrivée d'une patrouille qui le poursuivait... si les poursuiveurs ne se trouvaient pas déjà pas dans la maison où était caché le Barbet. D'autres fois, les Barbets qui assaillaient les maisons étaient venus venger cruellement une vieille insulte, ou une dénonciation crainte ou supposé. Et ainsi de suite, de part et d’autres, régnait l’effroi, l’anxiété et la terreur.

 

IV

 

Dans l'imaginaire, la légende faisait grandir l’héroïsme des Barbets et souvent, on s'en félicitait ; cette tradition est encore vivante et la popularité du barbétisme peut en témoigner. Un Barbet se reposait aux environs de la Vésubie, dans un endroit sûr, non loin de son village natal. Sa femme, qui soupçonnait que l'abri de son mari avait était découvert, se rendit rapidement sur les lieux pour en avertir son mari. Alors qu'ils fuyaient tous les deux, à la recherche d'une autre cachette, quelques soldats apparurent soudain plus bas et firent feu à la vue des fugitifs. Alors que l'homme fuyait, la femme, nullement effrayée, s'arrêta un peu et souleva sa robe ; d'un geste héroïquement impudique, en guise de raillerie, comme pour la désigner cible des coups, elle montra son corps nu à ses assaillants, puis elle disparut rapidement de la vue des soldats, entre les escarpements amers et les rochers. Le récit de tels faits, dont le souvenir est parvenu jusqu'à nous, se répétait dans les veillées, dans les familles, dont on ne sait si elles étaient effrayées ou admiratives, mais il était rare que l’un de leur parent ou de leurs amis ne soit pas Barbet.

On trouva dans les manuscrits du général Garnier une liste d'environ cent quarante Barbets fusillés à Nice dans les années VIII et IX de la République, et malgré les fusillades, les pièges et les persécutions en tout genre, le barbétisme renaissait toujours plus grand malgré les rigueurs et les décrets qui se multipliaient contre lui. Ainsi, l'administration centrale du département, le 12 floréal de l'an VII, « considérait que malgré toutes les mesures prises, la plaie de la désertion continuait et que les scélérats connus sous le nom de Barbets recommençaient leurs crimes, que les soldats de ligne en garnison étaient insuffisants dans le département pour s'opposer à lâcheté des uns et à la scélératesse des autres » ; elle décida donc que « la colonne mobile du canton de Nice fût mise sous les ordres du général Pouget, à condition qu'elle ne servît pas hors du département ». Mais il sembla que la colonne mobile n'effrayât pas les Barbets, puisque peu de mois après, dans un autre décret de l'administration centrale, on disait que malgré toutes les mesures prises pour la répression du brigandage à l'intérieur du département, les Barbets renouvelaient leurs crimes et leurs excès. On précisait même que les colonnes militaires envoyées pour poursuivre les Barbets ne purent pas les arrêter, puisqu'à l'arrivée de la force armée dans les communes, « ces brigands fuyaient et trouvaient le moyen de se cacher ». Le même décret affirma que pour réprimer le brigandage des Barbets, il était nécessaire que les colonnes de la force armée aient pour chef un homme investi de l'autorité civile de manière à pouvoir recourir aux fonctionnaires publics de toutes les communes afin qu'ils dénoncent les individus qui donnaient asile aux conscrits, aux réquisitionnés fugitifs et aux Barbets.

Pour pouvoir mieux avancer dans la répression du barbétisme, on nomma des Commissaires « pour se mettre à la tête des diverses colonnes de la force armée à envoyer contre les brigands connus sous le nom de Barbets, dont on donnerait une liste aux dits Commissaires, ainsi que les noms des réquisitionnés et des conscrits de chaque commune ». Dans toutes les communes, les Commissaires devaient demander aux administrations municipales une liste des absents et la raison de leur absence, ils devaient de plus activement « surveiller les visites domiciliaires pour arrêter les fauteurs de troubles, les émigrés, les brigands et leurs complices ». Les pouvoirs donnés à ces Commissaires étaient si étendus, si absolus, que toute liberté était suspendue dans les Communes ; elles étaient à la merci de l'arbitraire le plus effréné, rien n'étant plus sacré, ni la liberté individuelle, ni l'inviolabilité du domicile. Un simple soupçon suffisait pour que la liberté et la vie des citoyens soient en danger, et les opinions politiques contraires aux jacobins, étaient un indice, voire une preuve irréfutable de barbétisme. Ce décret nous fait connaître un aspect nouveau du barbétisme et réunit dans une même rigueur, Barbets, réquisitionnés, conscrits et émigrés. Preuve que le barbétisme, avant 1801 et comme nous le disions, ne pouvait pas être considéré seulement comme du brigandage, mais qu'il constituait toujours une résistance au régime révolutionnaire.

 

V

 

Le général Garnier, qui plus que tout autre participa à l’élimination des Barbets, dont il tira pourtant avantage, envoya une note très curieuse sur le barbétisme, au ministre de la Police à Paris, laquelle ne disait rien de nouveau sur le barbétisme, mais témoignait « de la petite intelligence et de l'équité mineure du jugement de ce général ». Garnier affirma que depuis le 29 septembre 1792, c'est-à-dire depuis les premiers jours de l'occupation française, des bandes de citoyens du comté de Nice et du Piémont s'armèrent et se formèrent en compagnies « sur les ordres du gouvernement sarde », et plus tard en bataillons, sous le nom de Chasseurs de Nice. Une partie de ces Chasseurs se répandit dans les montagnes, occupa toutes les routes, attaqua l'arrière-garde de l'armée française, arrêtant les convois et interceptant les communications. En recherchant les origines du barbétisme, Garnier affirma qu'il avait été créé par le général Thaon de Revel, mais Garnier ignorait tant l'histoire, qu'il prétendit que Revel avait été gouverneur du pays et de Turin depuis le 28 octobre 1792, alors que le général niçois avait remplacé le général Courten à Saorge, où il trouva, comme nous l'avons déjà écrit, une armée indisciplinée, sans chefs et en plein désordre.

Le général Garnier en poursuivant son récit sur les Barbets, écrivait au ministre de la Police qu'ils tuaient les hommes qui escortaient les transports de victuailles, les messagers et les militaires isolés ; en un mot, « personne ne pouvait échapper à leur fureur ». Selon lui, les Barbets étaient plus à craindre encore que les soldats réguliers car, à la solde du gouvernement sarde, ils étaient pourvus de munitions de guerre, et alimentés par leurs parents qui faisaient de l’espionnage et les tenaient informés de toute chose. Ils étaient tellement nombreux qu’au moment où le général Bonaparte marcha sur Milan, les arrière-gardes de son armée furent terriblement inquiètes de ces assassins, et le général Deyard qui partait de Limone avec 350 hommes d'escorte pour franchir le col de Tende, fut assassiné avec plusieurs officiers et soldats ; un trésor d'environ quatre-vingt-trois mille francs fut dérobé au milieu de 300 hommes ; et malgré 780 grenadiers qui les escortaient, 124 chevaux sur 200, que l’on amenait à Nice pour y chercher l'artillerie destinée au siège de Mantoue, furent pris ou tués. Au même moment, les militaires étaient assassinés jusqu'aux portes de Nice et en pleine journée. Là, le général Garnier raconte qu'en thermidor de l'an IV, Bonaparte fit appel à lui depuis la Riviera de Gênes et le muta à Nice pour succéder au général Casabianca avec l'ordre de prendre toutes les mesures nécessaires « afin d'extirper ces hordes de Barbets », et avec l'autorité de nommer une Commission militaire pour les faire juger. Garnier, en parlant avec complaisance de son œuvre, écrivit :

« Les ordres du Général Bonaparte furent si bien exécutés, qu'en moins de huit jours, les bandes furent repoussées au-delà du col de Tende et dispersées sur le plateau de Limone. Ces brigands se divisèrent alors en plusieurs groupes et se répandirent en divers points des Alpes Maritimes; je marchai à leur rencontre, et trois mois suffirent pour rétablir le calme dans tout le pays. Le nombre de Barbets sous les ordres des divers chefs était d'environ mille six cent soixante-dix, dont plusieurs Piémontais, Liguriens et déserteurs français qui avaient été enrôlés sur ordre du Duc d'Aoste et dirigés par le comte de Saint André qui leur accordait des récompenses quand ils lui apportaient les valises d'un messager de l'armée française ».

Il est aisé de s'apercevoir comment Garnier faisait une confusion déplorable entre les milices et les Barbets, confusion qui donna lieu à des faits très déplorables et à la condamnation de beaucoup d'innocents. En effet, comment peu de Barbets pouvaient-ils tuer un général, ses officiers et ses soldats en luttant contre 350 hommes ? Comment auraient-ils pu lutter contre 750 grenadiers et réussir à prendre ou à tuer la majeure partie de leurs chevaux ? Du reste, la partialité de jugement de Garnier atteint jusqu'à la naïveté quand il affirma que Fulconis et ceux de sa bande avaient rempli le dos de leurs gilets de sacs d'arsenic, « distribué à Turin afin d'empoisonner sur les Alpes les eaux des camps français » ! Dans la conclusion de son rapport, Garnier affirme que le comte de Saint André excita une autre fois les citoyens à la révolte ; que les émigrés du pays qui avaient été provisoirement radiés reprirent les armes; que le département, pour la quatrième fois, fut en proie à de nouvelles horreurs et qu'à son départ, seuls 128 Barbets figuraient sur les listes, et qu’ils étaient presque tous réfugiés dans le Piémont ou en Ligurie, d'où ils ne souhaitaient plus rentrer après que les Autrichiens aient abandonné le comté de Nice.

La façon dont le général Garnier avait perdu la mémoire en narrant ces faits est incroyable car il disait avoir participé grandement à la plupart d’entre eux. Contrairement à ce qu'affirme Garnier, le départ de Nice des Austro-Sardes, après la brève occupation de 1800, fut la cause d'une nouvelle et terrible révolte du barbétisme dans les montagnes niçoises. Le 21 avril 1800, Tourette fut attristée par un très funeste événement, plus de cinquante Barbets ayant tué trois militaires français et un habitant des lieux. Le pays fut sens dessus-dessous, et à la tombée de la nuit, les portes et les fenêtres des maisons furent verrouillées car on craignait pour la nuit suivante un assaut de la part des Barbets. Presque en même temps, les soldats polonais tuèrent trois malheureux accusés de barbétisme, qui se rendaient au port de Monaco. Bonifassi affirme que ces trois victimes furent immolées « à l'insatiabilité du sanguinaire Garnier, qui, pour notre malheur, depuis plusieurs années, commandait à Nice.».

 

VI

 

En août de la même année, les maires reçurent l'ordre de la préfecture d'établir une liste exacte des Barbets de chaque commune, dans laquelle ils devaient noter les noms, prénoms, les noms d'usage, la profession ou le métier des individus suspects. Plus tard, le préfet ordonna aux Gardes Nationales de chaque commune d’effectuer une sorte de chasse aux Barbets. Les maires couraient les campagnes, mais pour des raisons faciles à deviner, les résultats ne répondaient pas au zèle de ces recherches. Les Gardes Nationales, après avoir fouillé partout, rentraient sans être tombés sur une seule face de brigand. Le maire de Saorge, Guiglia, avait été un des plus prévenants pour se conformer aux requêtes du général Garnier, et dans un rapport à ce général, il écrivit que « toujours obéissant aux bonnes intentions de ses dignes supérieurs en vue de la destruction des brigands, il ordonna plusieurs battues dans les campagnes; mais malgré tous ses efforts, il ne fut jamais possibles aux patrouilles d'en arrêter un seul ». Heureusement pourtant, selon ce que raconte ce maire, après diverses tergiversations, il lui arriva une fois d'arrêter un individu suspecté de barbétisme, et une autre fois, au milieu d’un petit nombre d'habitants, il eut la chance d'arrêter un Barbet du pays d'Isola Buona. Granier avait envoyé ses officiers dans toutes les directions pour faire la chasse aux Barbets, lesquels, avant d'être pris, jugés et fusillés ; ainsi, le 21 juillet 1800, le chef de la vingt-sixième brigade, Miquel, annonça à Garnier que le même jour, trois brigands d'Aspremont furent jugés par la Cour martiale et condamnés à mort. Les jugements étaient plus que sommaires, mais l'accusation de barbétisme était la plupart du temps un prétexte à la vengeance, de telle manière que plusieurs honnêtes hommes et pères de famille furent passés par les armes ; leur seul crime n’était que d’avoir prononcé quelques mots imprudents ou d’avoir montré peu d'enthousiasme pour les institutions républicaines.

Les Barbets arrêtés tentaient quelques fois de fuir, comme cela arriva pour un malheureux qui, se trouvant entre deux gendarmes, se jeta dans un ravin. Mais les gendarmes firent feu, touchèrent le malheureux à la tête et le laissèrent mort sur les lieux. En juin (1800), à deux heures du matin, une bande de Barbets assaillit à l'improviste, un détachement que le général Garnier avait laissé à l'Escarène pour protéger les transports de vivres destinés à Sospel, Breil et Tende. Après avoir fait prisonnier le détachement et pillé les entrepôts, la bande se rabattit sur Lantosque, alors qu'une autre bande assez nombreuse se formait pour assaillir les postes de garde de Sospel et de Breil. Le 9 juin, Albertini, chef de bataillon qui jouissait de toute la confiance de Garnier, partit de Nice par les communes de Berre, de Chateauneuf, de Bendejun et de Coaraze, alors qu'une autre colonne, partie le même jour, passait par Aspremont, descendit à Saint Martin du Var, remonta à la Roquette et se rendit à Levens. Dans son rapport au général Garnier, Albertini se vanta d'avoir réussi dans son expédition en ayant arrêté trois chefs qui furent aussitôt fusillés, et ce furent, écrit Albertini, « le célèbre Grégoire Simon de Bendejun, formidable chef, comme Cottin ; un nommé Pierre Jaume, dit le Borgno, et Barraja, dit Bolla, de Berre. Le dit Simon, qui n'était pas dans notre liste, fut convaincu d'avoir assassiné les quatre membres de la Commission militaire de l'Escarène.  Le Borgne était Barbet depuis huit ans ».

Albertini loue la conduite des communes de Roquebillière et de Lantosque qui, selon les informations qu'il avait eues, se seraient soulevées et auraient arrêté trois ou quatre Barbets. Au mois de juillet, Albertini partit de Coaraze avec l'intention d'investir la Bollène, où il y avait de fréquentes réunions de Barbets. Arrivé au col Noir, il divisa ses soldats en deux colonnes, l'une remonta pour rejoindre le bois de la Mairis, alors que l'autre descendit avec Albertini sur la route de Lantosque, qu'elle traversa pour se diriger sur la Bollène. Les frères Falchi, Massiera et autres Barbets, ou considérés tels, étaient en train de jouer sur la place de la Bollène quand ils aperçurent au loin les soldats et prirent précipitamment la fuite. Le plus grand des frères Falchi tomba entre les mains de la garde qui était aux aguets derrière la chapelle; il portait encore sur son chapeau une large cocarde noire. Massiera fuyait vers Belvédère avec un sabre en main; on lui cria trois ou quatre fois de s'arrêter, mais il continua de fuir, alors on lui tira dessus et il tomba sous le feu. Il portait sur son chapeau une cocarde bleue ; Falchi fut mené à Nice pour y être jugé, et après un sommaire procès, il fut fusillé. À l'apparition de la colonne d'Albertini, la population entière de la Bollène s'était enfuie, alors qu'à Lantosque et à Roquebillière, on arrêta divers Barbets qui furent consignés aux mains des soldats pour être conduits à Utelle. Mais au passage du col de Ferrione, les soldats furent assaillis, alors ils tuèrent les Barbets qui cherchaient à s'enfuir.

La colonne qui poursuivait les Barbets avait une liste et ceux qui s'y trouvaient inscrits étaient immédiatement arrêtés et fusillés là où ils se trouvaient ; s'ils étaient pris avec des armes, ils étaient envoyés à Nice où ils étaient fusillés après un jugement sommaire. En moins de deux ans, cent cinquante Barbets furent fusillés à Nice, mais le barbétisme ne cessa vraiment que quelques années avant le retour des Piémontais dans le comté. Les autorités militaires firent dès le début une déplorable confusion entre Barbets et miliciens, et considéraient le milicien comme l'expression la plus stricte du barbétisme. Quand les milices furent dissoutes du fait de l'occupation du Piémont par les Français, le barbétisme refleurit plus terrible à cause des grandes rigueurs frappant les miliciens et les émigrés rapatriés. Même quand le barbétisme, par la force des choses, se changea en brigandage, il est évident qu'il garda toujours un aspect politique et fut une fière opposition aux envahisseurs et à la Révolution.

 

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12 octobre 2010

La bataille de Belvédère

la bataille belvedere

« Sur cette place, les Piémontais se tenaient prêts à repousser l'ennemi, qui en bas déjà avançait en tirant profit de la sinuosité des sentiers. A l'abri des arbres et malgré un feu nourri, les Français continuaient à monter, en glissant entre les nombreux petits chemins en lacets qui sillonnaient le bois épais.Tout à coup, les assaillants firent irruption sur la place, et se jetèrent furieusement sur le groupe compact des Piémontais, et s'engagea une sanglante lutte au corps-à-corps. Le choc fut terrible. Les belligérants étaient tellement serrés que depuis le début de la lutte ils ressemblaient à un seul corps qui s'agitait avec peine; comme poussés par une force mystérieuse, ils combattaient, acharnés et silencieux. Au silence succéda soudainement les hurlements des premiers blessés, le gémissement des moribonds, et les cris des combattants dont l'écho, témoigne d'un héroïsme féroce, se répandait de façon sinistre dans les vallées avoisinantes. Parmi les combattants les plus acharnés, il y avait plus d'une centaine de montagnards, armés de gros bâtons en fer, de faucilles et de couteaux, qui désespérément et de façon désordonnée hachaient ça et là les Français en les poignardant au corps-à-corps, spécialement quand par les hasards de la lutte, des attaques et des reculs, des soldats seuls ou par petits groupes se trouvaient à leur portée. Alors les montagnards se jetaient férocement sur ces misérables soldats, et faisaient d'horribles carnages.
La lutte fut longue et incertaine, quand soudain une voix cria que les Français étaient entrés dans l'église pour la dévaster. Il y eut alors une irruption tumultueuse de nouveaux venus dans la mêlée et le combat recommença de plus belle. Au milieu des coups et des cris, on se battaient avec toutes sortes d'armes, des faucilles, des bâtons ; les crosses des fusils fauchaient les combattants entre eux; certains la respiration coupée tentaient de demeurer debout, d'autres étaient jetés à terre et suffoquaient, piétinés par des masses de nouveaux combattants. La bataille s'était changée en autant de luttes au corps-à-corps qu'il y avait de soldats des deux parties, et souvent, les adversaires, frappés par de réciproques blessures, mourraient en restant férocement enlacés, la mort serrant ensemble ceux que la vie avait divisés. Les prouesses de ce jour et les actes d'héroïsmes ne se comptèrent pas ; mais l'histoire se garda presque de mettre en lumière cet évènement sinistre, et la tristesse ce ces temps.
Un grenadier niçois blessé par un coup mortel, après avoir récité à haute voix l'acte de contrition, avec ce qui lui restait de sa voix, cria: « Je meurs content pour la défense de la religion et mon roi ! ». Cagnoli, capitaine de milice, blessé par une balle qui lui traversa le coup, continua à combattre en encourageant ses soldats à soutenir la bataille. Un soldat des milices, allait là où la mêlée brûlait le plus, et montrait l'exemple par son courage indompté et sa force ; tout à coup, une fusillade lui cribla le visage, emportant le bout de son nez ; le brave, plaisantant, continuait de combattre, plus acharné encore. La lutte dura bien cinq heures ; entre morts et blessés, les Sardes perdirent deux cent hommes. La place était jonchée de cadavres, en particuliers d'autrichiens et de soldats niçois. Les Français, demeurèrent maîtres du terrain et le succès les rendit plus féroces encore ; sans honneur ni aucun sentiment humain, ils tournèrent leur colère contre les malheureux habitants de Belvédère. Une fois maîtres du village, les vainqueurs exercèrent d'âpres et cruelles vengeances sur les villageois, car il leur semblait voir en chaque citoyen un combattant qui avait participé à cette héroïque lutte. Ainsi quelques jours après, des soldats, rencontreront un pauvre vieux qui errant autour de sa maison avait trouvé non loin un fusil et un sabre, l'arrêtèrent, et l'obligèrent à creuser une fosse, puis l'assassinèrent ; deux femmes furent également tuées sous prétextes divers. »

Extrait de NICE 1792-1814 de Joseph André

13 octobre 2010

Les émigrés Niçois chassés du Piémont par les révolutionnaires.

grouchyA la suite de l'invasion du Pays de Nice par les troupes révolutionnaire, les émigrés Niçois réfugiés dans le Piémont, furent à nouveau poursuivis et chassés sans relâche.
En 1800, le général Grouchy ordonna que les émigrés Niçois soient chassés du Piémont, à son tour envahit par la France, et signifia que  « les émigrés Niçois ne pourraient habiter aucun pays occupé par les armées françaises ni les républiques alliés, sous peine d'être arrêtés et punis selon la rigueur de la loi ».

Ainsi chassés de Nice, chassés des montagnes, la présence des Niçois était un crime partout où il y avait un Français ! Un décret fut instauré stipulant que « les individus de l'ancien comté de Nice qui se sont proposés pour habiter le Piémont depuis le premier septembre 1792 se sont constamment signalés comme les ennemis les plus obstinés de la Nation française et du Gouvernement républicain » et que    « tous les individus originaires de l'ancien comté de Nice, sans exception, qui se sont proposés pour habiter le Piémont depuis le premier septembre 1792 devront abandonner le territoire piémontais, et pour cela, quitter la commune de Turin dans les vingt-quatre heures, sortir de l'Etat dans les dix jours, à partir du jour decret__migr_sde publication de la présente loi ; ceux qui, passé le terme, se trouveront sur le territoire piémontais seront arrêtés et conduits à la frontière ; bien qu'en étant sorti, les individus qui rentreront dans le territoire piémontais, seront arrêtés et punis comme perturbateurs de la sécurité publique ».

Traqués, comme ce fut rarement le cas dans l'histoire pour une population bien définie, les émigrés Niçois étaient victimes de l'immense haine jacobine et de ce fait interdits sur tous les territoires occupés par la France républicaine. Pendant que leurs biens étaient pillés dans le Pays de Nice, les Niçois émigrés étaient obligés de errer sans répit chassés par la soldatesque révolutionnaire.

Les Extraits proviennent de NICE 1792-1814 de Joseph André

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14 octobre 2010

Le saut des Français

Le saut des français est un des hauts lieux de la résistance Niçoise où les Barbets jetaient les envahisseurs français dans le vide lors de l'agression du Pays de Nice (1792-1814) par les troupes révolutionnaires (puis impériales) guidées par le traitre André Masséna.      
Situé à la sortie de Duranus quand on monte de Nice, cet endroit reste un lieu mythique symbolisant pour bon nombre de Niçois le refus de notre peuple de se soumettre.

Cliquez
 Saute_pour_la_r_publique

NICE 1792-1814: Présentation

Lu_BarbetsCet ouvrage capital ignoré depuis 115 ans, raconte pour la première fois ce que fut  la vie journalière des Niçois durant la période révolutionnaire et le premier Empire.    

Joseph André s’appuyant sur une multitude de documents officiels originaux et des témoignages d’époque, nous restitue une part importante de l’histoire de Nice, très peu connue et volontairement occultée. Cette grande fresque humaine fait surgir du passé des personnages de chair et d’os qui souffrent, espèrent et qui, même oppressés et réduits à une affreuse condition,  luttent néanmoins pour défendre leur liberté.    

         

Nous assistons à la prise et au pillage de Nice, à la création d’une Société populaire composée d’étrangers, qui instaura un pouvoir dictatorial. A la formation illégale d’une Société des Colons Marseillais qui fit régner la terreur et organisa le premier « rattachement de Nice à la France » ; nous apprenons ce que fut le vote réel des communes et le sort terrible réservé aux émigrés niçois.  Nous voyons la foule marseillaise envahir Nice et martyriser ses habitants ; les têtes coupées fichées sur des piques, la guillotine installée sur la place Saint Dominique, les parents contraints par la loi à dénoncer leurs propres enfants, les réquisitions incessantes et les emprunts forcés, la cathédrale Sainte Réparate transformée en Temple de la Déesse Raison, et la longue cohorte de niçois qui fuient cet enfer pour se battre dans les montagnes contre l’envahisseur. L’action du capitaine Masséna qui pilla et terrorisa la vallée de la Vésubie. Et les colonnes mobiles qui sur ordre de Bonaparte pourchassaient les insoumis et les Barbets, exécutés sur place. 

 

Mais nous voyons aussi le courage des Niçois, la fière réponse du maire Pauliani au général Lannes qui le menaçait de faire fusiller le conseil municipal et de canonner la ville ; les combats héroïques des milices du Comté, la résistance des  habitants du haut pays et des Barbets qui forcent l’admiration ; les succès militaires de Thaon de Revel et de Caïs de Pierlas, et la conduite admirable de la jeunesse niçoise qui jamais ne courba l’échine. 


Les Niçois furent libérés en 1814. Après avoir beaucoup souffert et défendu leur pays et leur liberté avec héroïsme, ils préfèrent la dignité à la vengeance. Et cette histoire de terreur et de sang, raconte Joseph André, s’acheva par la parole auguste d’un roi, une parole de paix et de pardon.

Nice 1792 - 1814 est déjà en vente dans les librairies suivantes :
   
    -         
Art et Lecture, 27 av. Borriglione

    -          Librairie La Source, 5 rue Bonaparte  
    -          Librairie Quartier Latin, 30 av. St-Jean-Baptiste
    -          Nouvelle Presse Niçoise, 52 av. de la République
    -          Librairie-Presse Lépante, 17 rue de Lépante
    -          Librairie-papeterie Garnier, 15 bd Joseph Garnier
   
Ou chez l'éditeur au 04-93-26-90-93

06 janvier 2011

MASSENA, LA TRAHISON, LES LAURIERS ET LES OMBRES de Alain Roullier-Laurens

Andre_MASSENAMasséna, est un personnage historique, déjà très controversé de son vivant. Le Dictionnaire Napoléon indique : « Les contemporains se disputaient déjà sur ses qualités militaires et ses engagements politiques, les historiens n’ont pas fini de s’affronter à son procès... ». Le début de la carrière du futur du maréchal, prêtait en effet à un très sévère jugement. Nul n’ignorait qu’il était le plus grand prévaricateur, concussionnaire et pillard, parmi les généraux des armées révolutionnaires qui pourtant n’étaient pas des plus modèles de vertus. Sa soif de l’or s'accrut encore sous  l’Empire, malgré les revenus considérables que lui octroya Napoléon, désireux d’éteindre une voracité nuisible à la discipline militaire et à la dignité du régime.  

Ses actions militaires ne furent pas toujours heureuses, loin s’en faut. Quelques premiers succès, lui valurent certes, le qualificatif « d’enfant gâté de la victoire », mais Napoléon démentira plus tard ce compliment que Bonaparte lui fit hâtivement au soir d’un engagement heureux. Entre-temps, le féroce acobin, devenu duc, prince et richissime, avait mérité un autre surnom, celui « l’enfant pourri de la victoire ». L’empereur eut des mots très durs pour lui et finit par l’éloigner ; son procès n’est pas clos en France et sa conduite à la chute de l’Empire n’est pas pour le réhabiliter.  

Afin de rétablir la vérité historique, l’auteur à ouvert le procès de Masséna à Nice et ce pour la première fois. Les Niçois y sont intéressés au premier chef, car Masséna, avant tout, trahit son pays natal. Non content de l'envahir en 1792 sous l’uniforme ennemi, à la tête d’un corps d'invasion, il le   pilla, martyrisa les habitants de la vallée de la Vésubie, de Levens, de Gilette et d’autres lieux. Il fit fusiller nombre de résistants Barbets et qualifia « d’esclaves » et de « brigands » les nombreux Niçois qui héroïquement défendirent leur sol occupé et soumis à une terrible dictature. Masséna sourd aux plaintes des Niçois, prit le parti du général Garnier, son Frère en maçonnerie qui fut l’un des bourreaux du Pays de Nice. Il convenait de savoir si Masséna méritait le nom de Niçois et devait être honoré à Nice ; cet ouvrage très documenté apportera une réponse motivée et définitive à cette question toujours d’actualité. 

    ISBN 978-2-84825-248-3  

 

Prix : 20 €    

   

    -          Art et Lecture, 27 av. Borriglione
    -          Librairie La Source, 5 rue Bonaparte  
    -          Librairie Quartier Latin, 30 av. St-Jean-Baptiste
    -          Nouvelle Presse Niçoise, 52 av. de la République
    -          Librairie-Presse Lépante, 17 rue de     Lépante
    -          Librairie-papeterie Garnier, 15 bd Joseph     Garnier
 

 

Ou chez l'éditeur au 04-93-26-90-93